Lorsque LaMelo Ball a appris son transfert à Minnesota, son premier réflexe a été d’appeler Anthony Edwards. À plusieurs reprises même, puisque l’arrière des Wolves était en train de dormir. « Il m’avait appelé trois ou quatre fois », raconte Anthony Edwards. « Je dormais et, en me réveillant, je me suis demandé ce qu’il me voulait. Il m’a dit : “Je viens d’être transféré à Minnesota.” Je lui ai répondu : “C’est parti !” »
Coéquipiers pour la première fois, les deux hommes se connaissent pourtant depuis longtemps. Issus de la même Draft en 2020, ils avaient régulièrement été opposés à distance, notamment lorsque LaMelo Ball avait devancé Anthony Edwards pour le trophée de Rookie Of The Year. Une rivalité médiatique à laquelle les principaux intéressés n’ont jamais vraiment adhéré.
« Les gens ont toujours essayé de nous opposer, de savoir qui était meilleur que l’autre », explique Anthony Edwards. « Mais dès notre première rencontre sur le terrain, après notre premier match, je me suis dit : “Non, c’est mon gars.” Il est vraiment cool. »
Deux admirateurs plutôt que deux rivaux
LaMelo Ball suivait déjà le parcours d’Anthony Edwards au lycée, et inversement. Le nouveau meneur des Wolves assure avoir rapidement compris que son futur coéquipier possédait un talent particulier.
« Le monde du basket est petit », rappelle-t-il. « Nous avions entendu parler l’un de l’autre dès le lycée. Quand je voyais son talent, je me disais qu’il savait vraiment jouer. Depuis que nous avons commencé à nous fréquenter, notre relation n’a fait que se renforcer. »
Anthony Edwards se souvient notamment des 92 points inscrits par LaMelo Ball lors d’une rencontre au lycée. Une performance qui avait impressionné le futur premier choix de la Draft.
« J’ai toujours été un fan de son jeu, de son rythme, de sa capacité à être un grand meneur et à mettre le ballon dans le panier », poursuit-il. « Je n’ai jamais laissé les gens essayer de nous opposer. J’ai toujours dit qu’il était très fort. »
Cette admiration est réciproque et alimente désormais leur travail quotidien. « Nous nous motivons parce que nous apprécions tous les deux le basket et que nous voulons être les meilleurs », souligne LaMelo Ball. « Quand nous nous entraînons ensemble, il travaille extrêmement dur. Moi aussi. Nous ne pouvons que progresser. »
« Il n’y a aucun ego entre nous »
Leur entente ne s’est pas uniquement construite sur les parquets de Minnesota. Les deux joueurs ont notamment passé du temps ensemble à Paris pendant l’intersaison, avant de retrouver leurs coéquipiers pour multiplier les cinq-contre-cinq, les duels individuels et les activités collectives. Une ligue de « fantasy football » et un groupe de discussion particulièrement actif participent aussi à la cohésion du nouvel effectif.
« Tous ces petits détails comptent », estime Anthony Edwards. « Nous avons passé tout notre séjour à Paris ensemble. Depuis notre retour, cela fait environ un mois que nous jouons des cinq-contre-cinq, des un-contre-un et que nous passons simplement du temps ensemble. »
Sur le terrain, les deux stars estiment que leur proximité simplifiera leur association. « Nous n’avons presque pas besoin d’avoir beaucoup joué ensemble pour créer cette alchimie, parce que nous sommes déjà très proches », assure Anthony Edwards. « Nous sommes comme des frères. Lorsque nous entrons sur le terrain, il n’y a aucun ego entre nous. Nous voulons simplement gagner, quelle que soit la manière. »
LaMelo Ball confirme que leurs automatismes progressent naturellement au fil des entraînements. « Dès mon arrivée, nous avons commencé à jouer ensemble. C’est comme cela qu’on apprend à connaître le jeu de l’autre. Chaque jour, cela devient un peu plus facile et on découvre quelque chose de nouveau. »
Une chance d’écrire l’histoire
Anthony Edwards considère la proximité d’un groupe comme un facteur essentiel dans la course au titre. À ses yeux, les dernières équipes championnes étaient aussi celles dont les joueurs entretenaient les relations les plus fortes, sur le terrain comme en dehors. « Pour moi, la NBA est simplement une version adulte du basket AAU », image-t-il. « C’est souvent l’équipe la plus soudée qui gagne. Regardez les derniers champions : les joueurs qui s’entendent le mieux sur le terrain et en dehors sont ceux qui finissent par gagner. »
Avec LaMelo Ball, mais aussi les personnalités de Bones Hyland et des autres nouveaux venus, l’arrière estime que le vestiaire des Wolves a déjà changé. « Dès que Melo est arrivé, le groupe de discussion s’est animé et le vestiaire aussi. Lorsque toutes ces personnalités se mélangent, on retrouve presque une équipe AAU, sauf que nous sommes adultes maintenant et que nous savons à peu près comment nous comporter. Cela va être amusant. »
LaMelo Ball mesure également les attentes entourant leur tandem. « Lui en étant lui-même, moi en étant moi-même, avec l’équipe et les entraîneurs que nous avons, je pense que nous avons une occasion particulière de réaliser quelque chose et d’écrire l’histoire. »
Un casse-tête pour les défenses
En attaque, leur complémentarité promet de poser un sérieux problème aux adversaires. Si une défense décide de mettre deux défenseurs sur Anthony Edwards, LaMelo Ball pourra prendre les commandes, et inversement.
Le rythme devrait constituer l’une des principales armes des Wolves. « Il va y avoir beaucoup de courses et de jeu rapide », annonce LaMelo Ball. « Je pense que nous pouvons marquer énormément de points, mais nous avons également assez de défense pour stopper nos adversaires. »
Anthony Edwards compte notamment sur Rudy Gobert, Jaden McDaniels et Jonathan Kuminga pour donner une véritable assise défensive à l’équipe. « Avec Rudy, Jaden, Kuminga et moi, nous avons de quoi défendre », estime-t-il. « Melo est également très bon loin du ballon. Le fait d’avoir Rudy derrière lui va lui donner encore plus envie de défendre lorsqu’il verra tout ce qu’il apporte. Offensivement, nous savons déjà que nous avons beaucoup de joueurs capables de scorer. Si nous sommes vraiment concentrés en défense, nous serons très bons. »
Avec l’expérience des longues campagnes de playoffs, Anthony Edwards ne cherche d’ailleurs plus uniquement à accumuler les points. « Lors de mes premières saisons, j’essayais surtout de comprendre comment marquer davantage et être plus efficace offensivement », reconnaît-il. « Maintenant, je veux simplement faire tout ce qu’il faut pour gagner. Certains soirs, les défenses vont me piéger. D’autres fois, elles vont piéger Melo et je servirai de leurre. Nous trouverons différentes façons de gagner. »














